samedi 27 octobre 2012

Le Pari, coeur de la philosophie de Pascal


Goldmann célèbre exégèse de la pensée de Blaise Pascal, fait du pari “le centre de gravité de saphilosophie”, et reconnaît que le fameux argument ne devrait avoir d’intérêt que pour les libertins. Cet argument, l’un des plus célèbres des Pensées, cache une complexité et mérite une explication.
Pascal, étant chrétien, n’avait pas à y recourir pour lui-même, puisque l’on ne saurait parier sur une chose dont on est sûr. Mais, s’appuyant sur cette phrase : “Apprenez de ceux qui ont été liés et qui parient maintenant tout leur bien“, il identifie, dans l’oeuvre de Pascal, l’idée de croire et celle de parier.
Nous pensons que si Pascal se range parmi ceux qui “parient maintenant tout leur bien”, c’est tout simplement que, bien qu’inefficace en l’absence de la grâce, le pari lui paraissait pour lui-même, sur le plan de la raison, un argument valable.

Convaincre les athées

Pascal propose à l’athée le pari suivant : “Dieu est ou il n’est pas. Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison n’y peut rien déterminer; il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, à l’extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagnez-vous ? Par raison, vous ne pouvez faire ni l’un ni l’autre; par raison vous ne pouvez défendre nul des deux. ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix; car vous n’en savez rien“.
L’objection consisterait à refuser de parier. A ceci, Pascal rétorque que nous n’avons pas la liberté de nous abstenir de parier, puisque notre vie éternelle dépend du choix que nous aurons fait : “Cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué … Votre raison n’est pas plus blessée en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir”. Même l’homme du divertissement, perdu dans une vie futile, ne peut échapper au choix.

Dès lors, supposons que nous ayons parié pour l’existence de Dieu : “Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter”.
 
Ainsi, l’argument du pari, considéré à tort comme un calcul d’intérêt ou une marque du désespoir de Pascal, ne représente pour lui qu’un moyen de troubler la conscience de l’incrédule. La foi, sous peine de rester stérile, doit reposer sur des fondements bien autrement solides.


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dimanche 14 octobre 2012

L'éthique bouddhiste et l'esprit du capitalisme mondial.



Slavoj Žižek, philosophe et psychanalyste contemporain, parle de Daisetsu Teitaro Suzuki, du bouddhisme occidental, de l'Occident, du capitalisme,de la science, de l'idéologie, des neurosciences cognitives,de la psychologie, de la psychanalyse,du  bodhisattva, du samsâra, de l'illumination, du karma, du nirvana, 
Langue Anglaise (Allemand) 

dimanche 7 octobre 2012

Il faut oser le conflit avec les sociopathes ordinaires !


INTERVIEW - Didier Pleux, docteur en psychologie du développement et psychologue clinicien, vient de publier De l'adulte roi à l'adulte tyran (Éd. Odile Jacob).
LE FIGARO. - Pervers narcissiques, sociopathes, manipulateurs… Comment expliquez-vous l'émergence  de ces «pathologies de l'ego»?
Didier PLEUX. -Ces différents vocabulaires soulignent la diversité des approches… Dans l'hypothèse sociologique, les narcissiques sont de purs produits de notre société de consommation qui, cultivant le plaisir immédiat, favorise l'émergence de personnalités entièrement concernées par leur propre intérêt. Dans la psychologie classique, influencée par la psychanalyse, on explique de tels comportement par une carence affective et narcissique vécue dans la prime enfance. Ma thèse est à mi-chemin: je crois que nous sommes tous d'une certaine manière des «petits rois» branchés sur notre plaisir immédiat, et que nous visons tous en effet à l'épanouissement de notre moi. Mais à un moment, certains refusent carrément le principe de réalité et, faisant le choix conscient de ne penser qu'à eux, deviennent ce que j'appelle des «adultes tyrans». Il y a alors inflation de leur ego.
Peut-on enrayer ces comportements?
Bien sûr! Nous devons poser des limites à tous ces gens que nous croisons chaque jour et qui font preuve d'incivilités: celui qui, parlant fort sur son portable, dérange tout le wagon, celle qui avec sa voiture mal garée bouche toute une voie d'accès… Ces actes d'égoïsme pur ont l'air de rien. En réalité, ils prouvent que ces personnes n'ont pas conscience de l'autre, ils l'ont «chosifié». Leur capacité de lien s'est délitée. Et en effet, ils n'ont probablement jamais été arrêtés dans leurs comportements. Même si cela vient de leur éducation, qui a favorisé une personnalité rebelle et égocentrique, c'est à chacun de nous aujourd'hui de les arrêter. Il faut oser être en conflit avec eux et leur dire «SVP, éteignez votre portable, vous me dérangez…» Sinon, qui le fera?

Lire la suite de l'interview  sur le figaro santé