samedi 18 juin 2011

LE SILENCE DU BOUDDHA

PRÉSENTATION DE PRESSE


« TENTER DE SORTIR DE CET ENTRELACS D’IGNORANCE ET DE PRÉJUGÉS ? » par Roger-Pol Droit– Extrait du chapitre introductif : « Essais et tentatives » –

« SOUVENT, NOUS CROYONS SAVOIR CE QU’EST LE BOUDDHISME. Les librairies sont bien pourvues en ouvrages qui le présentent ou l’étudient, depuis l’introduction pour débutants jusqu’aux publications pour érudits. Tout semble mis en lumière : diversité des écoles et des pratiques, histoire complexe de la ramification des doctrines, évolution et diffusion immenses (…)  JE CROIS,  MALGRÉ TOUT,  QUE NOUS SOMMES ENCORE FORT LOIN DE VRAIES RENCONTRES.  Pour plusieurs raisons. La première est qu’il n’est pas assuré que « le bouddhisme » existe. Les Européens, au début du XIXe siècle, ont forgé ce terme sur le modèle des noms en  -isme qui conviennent aux systèmes de pensée, de croyances ou de dogmes religieux. Un tel objet n’est peut-être qu’un mirage des Occidentaux. Car  les savoirs européens aiment les délimitations, les classements, les identités nettes. L’essentiel de leur effort porte sur des tracés de frontières. Il s’agit toujours de préciser les contours – d’une idée, d’un objet – de les stabiliser, et d’opérer des tris. (…)
Le mouvement de fond, en Asie, est exactement inverse : effacer les barrières, les distinctions, dissoudre ou écarter le sujet clos, le concept qui agrippe, les apparentes contradictions qui bloquent le mouvement. Le but ultime est la fusion avec le tout, l’insertion sans médiation dans un réel fluide et mouvant. La sagesse : parvenir à cet état où toutes les frontières s’estompent puis s’abolissent, se tenir sans fin dans cette indistinction suprême.
 Mieux vaut éviter de demander, à propos des écoles de vie asiatiques : s’agit-il réellement de religions ? Ou bien de philosophies ? Ou encore de spiritualités, de voies de salut, de thérapies, de doctrines-médecines ? L’idéal serait de parvenir à se représenter un mixte instable de ces divers éléments, selon des proportions variables et des configurations mobiles. Sans oublier d’ajouter à ce mélange, pour finir de le rendre impur : magie et superstitions, cultes locaux, rencontres innombrables, fusions partielles, syncrétismes, métissages. Voilà la réalité multiforme, souvent déconcertante, qu’on nomme, faute de mieux, « grandes religions d’Asie ».  Nos catégories habituelles parviennent mal à Nos catégories habituelles parviennent mal à enserrer cet océan de textes, de pratiques, de croyances. « LE BOUDDHISME »  – comme d’ailleurs « l’hindouisme » ou « le taoïsme » – DÉBORDE NOS CLASSEMENTS, ET LES REMET EN CAUSE.
Il faut du temps pour en prendre conscience. Or, la découverte, par l’Occident, des religions d’Asie est récente.  C’EST À TORT QU’ON CROIT LES DOCTRINES DE L’INDE ET DE LA CHINE CONNUES DE LONGUE DATE EN  EUROPE. LA RENCONTRE AVEC LE BOUDDHISME N’A PAS PLUS DE DEUX SIÈCLES. À l’échelle de l’histoire universelle, elle commence à peine…On objectera sans doute que les Grecs de l’armée d’Alexandre rencontraient déjà des brahmanes, et les générations suivantes de probables bouddhistes et que de nombreux textes de l’Antiquité parlent des sagesses de l’Inde (…) Simplement ceci : est récente la connaissance érudite, fondée sur le déchiffrement des langues, la traduction des textes fondamentaux, la reconstitution de l’histoire des écoles et des filiations. (…)
 Deux siècles, malgré tout. N’est-ce pas fort long ? Durant le même temps, plusieurs sciences sont nées – physique atomique ou biologie moléculaire. Elles ont conquis la planète, depuis les enseignements élémentaires jusqu’aux institutions de recherche. À l’évidence, les études orientalistes n’ont pas réellement rencontré pareille audience. Malgré les engouements que suscitent le zen, le Dalaï-lama ou ou le Taïchi, NOUS SOMMES TRÈS LOIN, AUJOURD’HUI, DE L’ENTHOUSIASME INTELLECTUEL QU’ONT SUSCITÉ, DANS TOUTE L’EUROPE CULTIVÉE, LES GRANDES DÉCOUVERTES ORIENTALISTES DES ANNÉES  1790-1840. Schelling  n’hésitait pas à juger l’Europe « stérile » sans la « greffe orientale ». Schopenhauer rêvait d’une « nouvelle Renaissance ». La plupart des philosophes et poètes du romantisme s’intéressaient de près aux textes indiens ou chinois.
PAR COMPARAISON, NOS CONTEMPORAINS SEMBLENT TRÈS IGNORANTS. (…) Un seul indice en donnera une idée : les manuels de philosophie utilisés en France sous la Monarchie de Juillet consacraient plusieurs dizaines de pages aux systèmes de pensée de l’Inde. Aujourd’hui, rien. Pire : on utilise volontiers la prétendue autorité de Heidegger et de quelques autres pour rappeler que « la philosophie n’est que grecque ». Les pensées d’Asie seraient toutes dépourvues de rationalité et d’argumentations dialectiques – pure et simple contrevérité. Plus généralement, malgré deux siècles de travaux savants, des milliers de thèses, et d’innombrables vulgarisations,  ON CONSTATE QUE LE B-A BA DES PENSÉES D’ASIE EST ENCORE LARGEMENT IGNORÉ.
Parmi les facteurs qui se conjuguent pour expliquer cette ignorance tenace, on trouve notamment l’héritage des humanités classiques, les effets de la colonisation, la complexité des langues et des pensées indiennes et chinoises. Au premier regard, il est vrai, la diversité des écoles et de leurs ramifications peut décourager : comment s’y reconnaître aisément entre les six systèmes classiques du brahmanisme, les ramifications du bouddhisme en Grand et Petit Véhicule,  les différents du taoïsme, sans compter son métissage avec le bouddhisme dans le Tchan chinois et le zen japonais ?
Malgré tout, cet argument de la complexité est bien faible. La moindre discipline scientifique ou technique n’exige-t-elle un apprentissage au moins aussi exigeant ? Les obstacles résident plutôt dans les aspects déconcertants, pour un esprit éduqué en Occident, de ces religions. Ce terme, en fait, ne leur convient pas bien. En Europe, « religion » et « révélation » vont ensemble. La famille des monothéismes est unie par l’idée que le Dieu unique, créateur du monde, s’adresse à l’humanité, que ce soit par la Loi, le Fils ou le Prophète. En Inde ou en Chine, rien de tel. Les Veda passent pour exister de toute éternité, sont censés avoir été « entendus » par les premiers sages, mais ne forment pas un message de Dieu.
Rien ne correspond en effet, en Asie, au concept d’un pur esprit créateur, éternel et tout puissant, extérieur au monde et lui dictant sa volonté. Le bouddhisme en est la plus parfaite illustration : on y chercherait en vain le moindre équivalent de Dieu. (…)En fin de compte, comment faire ? COMMENT SORTIR DE CET ENTRELACS D’IGNORANCES ET DE PRÉJUGÉS ? Il n’y a pas de recette miracle, et nul ne saute hors de sa propre tête. (…)
PRÉFÉRER LA VOLONTÉ DE COMPRENDRE AUX RÉACTIONS AFFECTIVES – fascination ou répulsion. Laisser de côté enthousiasme ou dégoût, crainte ou espérance, pour commencer à  s’informer. Pour cette information, les matériaux abondent. Mais pour réfléchir ? Qu’est-ce que cela signifie, en l’occurrence ?  FAIRE CERTAINS ESSAIS,  SIMPLEMENT DES TENTATIVES, POUR SUIVRE QUELQUES COURANTS DANS CES OCÉANS DE TEXTES. C’EST CE QUE J’AI TENTÉ, TRÈS MODESTEMENT, DANS LES PAGES QUI SUIVENT.
CE SONT DE SIMPLES EXPÉRIENCES. ELLES S’EFFORCENT DE REGARDER QUELQUES PARTICULARITÉS DU BOUDDHISME AVEC L’ŒIL DU PHILOSOPHE. Certains jugeront que ce n’est pas respectueux, peu conforme à l’esprit du bouddhisme. C’est bien possible. Mais je ne suis pas bouddhiste. Ni « bouddhologue », c’est-à-dire expert en textes et doctrines. L’essentiel de mon travail de recherche, dans ce domaine, a porté sur l’histoire de la découverte européenne et sur les interprétations philosophiques du bouddhisme en Occident. Toutefois, en marge, j’ai fait de loin en loin QUELQUES TENTATIVES DE LECTURE ET DE COMMENTAIRE. En voici certaines, rédigées au fil des ans. »

ROGER-POL DROIT
Paris, janvier 2010

Ce document est la reproduction du dossier de presse  pour la sortie de l’ouvrage Roger Pol-Droit « LE SILENCE DU BOUDDHA » et autres questions indiennes »

Lire aussi le post de John House  sur tricyle  Much Ado About Nothingness


L' AUTEUR



ROGER-POL  DROIT est normalien, agrégé de philosophie, docteur et habilité à diriger des recherches. Chercheur au CNRS, où il travaille sur les représentations des autres dans la pensée européenne, il enseigne à Sciences Po. Il est l’auteur d’une trentaine de livres, dont L’Oubli de l’Inde et Le Culte du Néant. Les philosophes et le Bouddha (réédités en Point, 2004) et a dirigé chez Hermann l’anthologie en deux volumes Philosophies d’ailleurs (2009).
Pour plus d’informations, consulter le site de Roger-Pol Droit : www.rpdroit.com



POUR SE FAIRE UNE IDÉE



Il propose au lecteur un parcours philosophique dans la pensée bouddhique en 5 étapes
1. Il aborde, tout d’abord, la question de l’extinction de la parole du Bouddha qui donne son titre à l’ouvrage car, comme il y est écrit, Le discours de Bouddha tend vers sa propre extiction et chemine vers le silence.

2. Puis, celle du savoir silencieux en essayant de résoudre l’énigme  suivante : “Comment Bouddha peut-il se taire tout en parlant ?”

3. Ensuite, celle de la perception de la réalité dans la pensée bouddhique qui est résolument différente de celle à laquelle nous sommes habitués en tant qu’Occidentaux

4. Le voyage se poursuit autour de la question de la création et de la destruction du monde dans le bouddhisme et plus largement dans la pensée indienne

5. Enfin, il s’achève sur l’analyse du contresens qui conduit à confondre bouddhisme et nihilisme.



FICHE TECHNIQUE

  • Editeur : Hermann (17 avril 2010)
  • Collection : Philosophie
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2705669892
  • ISBN-13: 978-2705669898

mercredi 8 juin 2011

Ne mangez pas le marshmallow

 L’immeuble sentait le sommeil et la ville puait la nuit. Mes genoux râlaient en silence. Kakudō Osho nous dit cette phrase sortie de je ne sais où : « Ne mangez pas le marshmallow ». Parfois, je me demande ce qui peut bien mijoter dans ce vieux crâne tondu. Ne pas manger le marshmallow, pas la guimauve mais le marshmallow. Est-ce que c’est vraiment le moment de manger de la guimauve ?  Il a fini par me faire mijoter de la guimauve. Elle a mijoté à feu doux de Lausanne à Lyon puis de Lyon à Lausanne, sans que je puisse comprendre le bien-fondé de la présence du marshmallow dans mon espace/temps de pratique. Après une recherche aussi infructueuse que ma compréhension, j’ai fait appel à la madone du scooter, notre dame du 2.0. En vérité, je la surnomme la maldonne du scooter. Faut pas le lui dire, bien qu’elle le sache. Elle ne m’en tient pas rigueur, mais ne se gêne pas pour m’envoyer des piques. Elle m’a fait parvenir cette vidéo dans laquelle le conférencier-motivateur Joachim De Posada décrit l’expérience dite du marshmallow. 
Revenons à l’origine de l’histoire du marshmallow de Kakudō. J’ai pris mon Iphone à deux mains et lui ai demandé ce qu’il avait bien voulu nous dire par : « Ne mangez pas le marshmallow » . Question que j’arrête de faire mijoter le marshmallow dans le chaudron qui me sert de boîte à penser.
Transcription de sa réponse :
Ce que l’on appelle "entretenir le désir de l’esprit d’éveil" pourrait être tout simplement : utiliser notre capacité à diriger notre attention. Je n’ai sûrement pas voulu dire que vous deviez cesser de ruminer je ne sais quoi.... La  madone du Scooter, ne t'aurait-elle pas transmis une vidéo d'un certain Joachim? Tu regardes attentivement la séquence de la petite colombienne, celle qui mange le marshmallow de l'intérieur et tu comprendras ce que j'ai voulu dire...

On ne peut rien lui cacher. J’avais cru pourtant que …. Bien qu’un Iphone soit sans fil, je me suis quand même emmêlé les pinceaux…
Je vous la laisse ci-dessous en dépôt. Combien d'entre nous mangeons la guimauve de l'intérieure. Kakudō Osho ne seriez vous pas un brin cachottier? Je vous le dis, il se passe de drôles de choses dans le crâne tondu d’un vieux moine.




Par @zengeneva

première publication : mercredi 8 juin 2011 à 17:30
(Texte contrôlé avec The plagiarism Checker University of Maryland et sur plagium )
Une faute d'orthographe, une erreur à signaler ? Une précision à apporter ? Ecrivez nous http://goo.gl/Ffv5

mercredi 1 juin 2011

Le Manifeste de l'altruisme par Philippe Kourilski

PRÉSENTATION DE L'EDITEUR



Un milliard et demi environ d'hommes, de femmes et d'enfants disposent à peine d'un toit ou encore souffrent de graves maladies qui pourraient être prévenues ou guéries. Beaucoup détournent le regard, mais beaucoup s'indignent. Le temps de l'action n'est-il pas enfin venu ?

N'est-ce pas d'abord et avant tout le devoir d'altruisme, contrepartie de notre idéal de liberté, qu'il nous faut redécouvrir en nous ?
Scientifique de renom, Philippe Kourilsky livre sa réflexion sur le mode de pensée et la démarche qui pourraient permettre, face aux enjeux planétaires, d'envisager une action concertée et efficiente.

"Le pire n'est pas toujours certain. Les idées ont leur force. Rassembler une majorité autour des valeurs morales essentielles et constructives, voilà une belle entreprise. Celle-là n'est pas hors de notre portée". P. K.




L' AUTEUR


Ancien élève de l'École polytechnique, docteur ès-sciences, il effectue la majeure partie de sa carrière au Centre national de la recherche scientifique, où il est directeur de recherche. En 1998, il est nommé professeur au Collège de France, où il occupe la chaire d'immunologie moléculaire. Le 1er janvier 2000, il est nommé directeur général de l'Institut Pasteur, poste dont il démissionne le 31 juillet 2005. Il est membre de l'Académie des sciences, professeur à l'Institut Pasteur et membre de l'Academia Europea.  lire+ 


POUR SE FAIRE UNE IDÉE

Pour le scientifique, la faille repose sur l’une de nos valeurs fondamentales : la liberté. Et ce parce qu’elle est trop souvent comprise comme un droit auquel aucun devoir n’est associé. Cette forme de liberté fait que le bien-être et la richesse des uns peuvent occulter la misère et la pauvreté des autres. Comme si le principe de liberté universelle entrainait un biais optique. Pour résoudre ce biais, il propose de lier la liberté à laquelle chacun à droit à un devoir, celui de l’altruisme. Mais point de moralisme dans ce propos. Philippe Kourilsky s’appuie sur la logique pour expliquer pourquoi associer devoir d’altruisme au droit à la liberté. Si notre liberté s’arrête là où commence celle des autres, il est en effet assez logique d’avoir à penser l’autre pour exercer notre liberté
. lire + sur le blog de Nicolas Bordas  et sur Pensées libres
 



FICHE TECHNIQUE


          • Editeur : Odile Jacob (29 avril 2011)
          • Collection : PENSER LA SOCIE
          • Langue : Français
          • ISBN-10: 2738126391
          • ISBN-13: 978-2738126399